RSE ET TRANSITION ENERGETIQUE

QUELS SONT LES ENJEUX ET LES BENEFICES POUR LES ENTREPRISES ?

La RSE dont on entend tant parler actuellement est la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Nous pourrions même dire Organisations pour inclure les établissements publics et les associations. Cela correspond peu ou prou à l’application du développement durable dans les entreprises. Mais alors qu’est-ce que le développement durable ? C’est un concept de développement qui a pris son émergence dans les années 70 et dont la définition la plus largement répandue, issue du rapport Brundtland est : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». L’idée est de continuer à progresser et à croître, mais en limitant au maximum les impacts sur l’environnement et les populations.

Appliquer la RSE correspond à concilier performance économique, préservation de l’environnement et enjeux sociaux. Certains penserons que c’est une utopie ou une vaste blague. Que l’environnement coûte cher et impose des contraintes. Que les enjeux sociaux ne sont pas leurs problèmes… Un peu caricatural mais pour beaucoup d’entreprises, et notamment les PME, l’objectif premier est de servir leurs clients, de maintenir ou de développer leurs chiffres d’affaires, et de créer des emplois. Ces entreprises ont raison, mais elles ne savent peut-être pas qu’avec de la méthode, de bons outils et du temps, il est possible de facilement s’engager dans une démarche RSE. Qui plus est, elles en sortiront plus performantes ! Il est même fortement probable qu’elles « fasse déjà de la RSE » sans le savoir. En effet, la grande majorité des dirigeants ont conscience que leur entreprise a un impact fort sur la société (emplois, création de richesses, apprentissages…) et que toute activité entraine des consommations (d’énergie, d’eau…) et des rejets (CO2, déchets…), ne serait-ce que ceux liés aux activités humaines. Faire de la RSE, c’est prendre en compte ses impacts et mettre des actions en place pour les maitriser. Par exemple, choisir une bonne mutuelle pour ses salariés, favoriser le dialogue, proposer divers avantages, offrir de la flexibilité dans le travail, mettre des ampoules basses consommations, trier les déchets ou se faire certifier ISO 14001… Ce sont des premières briques pour une démarche RSE cohérente qui va permettre d’engendrer de la performance. Attention à ne pas l’envisager comme une méthode miracle ; elle requiert du temps, du travail d’analyse, de l’animation et de la coordination, mais aussi des moyens financiers pour s’améliorer. Toutefois, et nous le verrons par la suite, il est possible de maitriser ces investissements et d’obtenir rapidement des bénéfices.

Concrètement, entrer dans une démarche RSE signifie mettre en place des moyens de mesures, poser des objectifs d’amélioration, choisir des indicateurs, pour enfin déployer des actions sur les 3 piliers du développement durable : environnemental, social et économique. Une notion essentielle d’une démarche RSE est qu’elle doit être bien portée et bien pilotée et qu’elle est associée à une démarche volontaire. La RSE couvre des domaines très larges et ses applications en entreprises le sont tout autant. La norme ISO 26 0000 relative à la Responsabilité Sociétale des Entreprises pose 2 pratiques fondamentales : • Identification de la responsabilité sociétale • Identification et dialogue avec les parties prenantes (salariés, syndicats, clients, fournisseurs, actionnaires, organismes publics…) Et elle propose 7 piliers principaux : • Gouvernance de l’organisation • Droits de l’Homme • Relations et conditions et de travail • Environnement • Bonnes pratiques des affaires • Questions relatives aux consommateurs • Engagement sociétal La démarche RSE s’avère donc très englobante. Elle s’adosse à la stratégie de l’entreprise, tout en produisant des applications très concrètes, dont voici quelques exemples : • Elle peut permettre de définir sa raison d’être ou de devenir une entreprise à mission, deux notions introduites par la loi Pacte de Mai 2019. Danone ou la CAMIF sont, entre autres, devenues des entreprises à missions. • La RSE est aussi liée à des démarches QVT (Qualité de Vie au Travail) ou au bien-être de ses salariés. • Elle offre plus de synergies avec ses fournisseurs et ses clients. • Elle peut aussi permettre de s’engager vers des démarches zéro déchet ou de neutralité carbone. Sur ce dernier point, l’entreprise Velux a annoncé vouloir atteindre la « neutralité carbone à vie », c’est-à-dire compenser l’ensemble des émissions carbone depuis la création de l’entreprise. Velux formalisera cet engagement avec la démarche Science Based Target, qui s’appuie sur des données scientifiques pour respecter les accords de Paris relatifs à la lutte contre le changement climatique. • Il est aussi possible de valoriser ses engagements par des certifications ou des labels (B Corp, Global Compact, Great Pace to Work, Lucie ISO 26 000, Ecovadis, Eco label…).

Par pur altruisme ou par intérêt économique ? Pour la planète ou par obligation légale ? Pour faire plaisir à ses salariés ou pour développer une culture d’entreprise ? La réponse est probablement un peu tout à la fois ! Globalement une démarche RSE peut permettre de : • Mieux anticiper les risques, • Saisir de nouvelles opportunités, • Assurer la pérennité de l’entreprise, • Répondre aux attentes des parties prenantes Vous en doutez, voici quelques chiffres pour vous convaincre : La RSE correspond à des attentes sociétales : • 95 % des Français attendent que les entreprises s'engagent d'elles-mêmes en faveur des enjeux de la société (Enquête Ipsos pour CESI et Les Echos, juin 2020) • 80 % des Français estiment que les entreprises doivent faire plus pour l’environnement (Etude BCG, The Pandemic Is Heightening Environmental Awareness, Juillet 2020) • 72 % des Français déclarent que l’engagement RSE d’une entreprise a un impact sur leur consommation • 55% des Français font de l’engagement RSE d’une entreprise un critère important dans leur recherche d’emploi Elle se traduit par des gains de performance : • 13 % : c’est le gain de performance que la RSE procure (étude menée pat France stratégie sur plus de 8000 entreprises) • Le BCG (Boston Consulting Group) a démontré lors d’une étude publiée en Septembre une corrélation positive entre engagement sociétal et performance financière : la progression du score d’une entreprise dans l’Indice est corrélée à une augmentation de son TSR. Concrètement, engager une démarche

La RSE peut générer de nombreux bénéfices : • Réduction des impacts environnementaux o Baisser les consommations d’énergie ou d’eau o Réduire les déchets produits, tendre vers une production zéro déchets o Améliorer son bilan carbone, tendre vers un objectif de neutralité carbone o Améliorer la recyclabilité de ses produits… • Cohésion et motivation des équipes autours d’un projet commun o Créer des synergies o Réduire le turn-over o Améliorer le recrutement o Réduire le taux d’absentéisme • Amélioration de son image o Auprès d’investisseurs o Auprès de ses clients o Auprès de son territoire o Auprès de ses salariés ou candidats (marque employeur) • Réduction des dépenses o Liées aux consommations ou aux coûts de traitements o Liées aux taxes sur l’environnement o Liées au turn-over ou au recrutement o Liées aux taux d’absentéisme • Développement du chiffre d’affaires o Accéder à de nouveaux marchés o Proposer de nouvelles offres o Répondre aux attentes des consommateurs o Répondre aux exigences de grands donneurs d’ordres • Dialogue avec les parties prenantes o Maitriser ses risques, anticiper des crises o Sécuriser ses approvisionnements o Développer des partenariats o Favoriser l’innovation • Respect et anticipation des obligations légales o DPEF : Déclaration de Performance Extra-Financière pour les entreprises de plus 500 salariés et réalisant un chiffre d’affaires de plus de 100 M€ o Audit énergétique / Bilan GES (Gaz à Effet de Serre), pour les entreprises de plus de 250 salariés o Plan de Mobilité : pour les sites accueillant plus de 100 salariés o Décret tertiaire : pour les entreprises ayant des activités de services dans des locaux de plus de 1000 m2

Pour rappel, aller dans ce type de démarche est un engagement volontaire, s’inscrivant sur un temps long, dans une notion d’amélioration continue. Si tel n’est pas le cas, la démarche risque de s’avérer peu bénéfique. Il est conseillé de commencer par une phase d’analyse couvrant tous les champs de l’entreprise (flux matières, produits, eau, déchets, énergie, données RH, données financières, organisations…) pour identifier des points forts, des pistes de progrès et des risques potentiels. Le but est de réaliser une photographie de son niveau actuel pour se fixer des objectifs à horizon moyen / long terme. Pour traduire ces objectifs en actions opérationnelles, il sera essentiel de les prioriser et de les hiérarchiser en fonction des enjeux propre à son secteur d’activité, de sa localisation et des spécificités de son entreprise. Nous pourrons utiliser un outil nommé matrice de matérialité. Il permet d’identifier les sujets économiques, environnementaux et sociaux susceptibles d’impacter la performance de son entreprise ou d’influer, de façon importante, sur l’avis des parties prenantes à l’égard de son entreprise. Puis, il sera nécessaire de piloter et déployer les actions, sans négliger la formation et la communication interne pour donner du sens et pour faire vivre la démarche. Certaines actions pourront être en partie subventionnées par des fonds ou des organismes publics (BPI, ADEME, FEDER, CEE, CPE…), ce qui nécessite de réaliser un dossier technique précis.